Le site en un coup d’œil ! News (actus) from Indian Country

    • Depuis le 11 mai dernier et jusqu’au 1ier mars 2020, on peut admirer à l’excellent musée zurichois NONAM (Nordamerika Native Museum) une exposition consacrée au mystérieux Edward S. Curtis connu pour ses photographies des peuples premiers nord-américains prises entre 1907 et 1930. Les différents artefacts et documents rassemblés mettent aussi en lumière la collaboration de Curtis avec de nombreux hommes et femmes de l’ombre qui l’ont aidé à parachever sa monumentale œuvre The North American Indian. Pour avoir un aperçu de quelques unes de ses photographies, rendez-vous sur la page du site laroutedenausica.fr qui lui est dédiée.

Pour poursuivre la réflexion sur les stéréotypes de l’indianité dans les arts et les musées, consultez mon article “A Walk in Beauty at the Museum of Northern Arizona in Flagstaff. Representing and Explaining Navajo Culture at the 62nd Annual Navajo Festival.”présenté au 33ième American Indian Workshop, « Presentation and Representation » Revisited: Places, Media, Disciplines  qui s’était tenu au NONAM à Zurich les 12 et 15 avril 2012.

Photo (sans crédits) choisie par le NONAM pour illustrer le résumé de l’exposition.

Le résumé en anglais de l’exposition CURTIS. The North American Indian. A photographer’s legend :

« Native Americans used to call him the «Shadow Catcher». He captured their images, and, some suspected, their spirits as well. Edward S. Curtis’ warm sepia-toned images are masterpieces of photography and have become synonyms for stereotypes. They have shaped our idea of Native Americans and First Nations as much as Karl Bodmer’s paintings and Karl May’s novels. As famous as Curtis’ pictures may be, the story behind his iconic work «The North American Indian» is little known. It is one of superlatives and extremes, of high praises and harsh criticism, and one of astonishing perseverance. The exhibition sheds light on various aspects of this monumental œuvre, which is often attributed to a single man and his great vision. In fact, it tells the story of countless indigenous and non-indigenous participants and not least that of the beholders.

The 20 original photogravures on display testify to the outstanding quality of Curtis’s photographic work. All original pieces, 80 photogravures and 2 Volumes, are on loan from Niedersächsische Staats- und Universitätsbibliothek Göttingen, Germany. Due to conservation regulations, they will be exchanged four times during the exhibition. »

Dates of exchange of the original photogravures:

Quarter 1: 10 May to 21 July 2019

Quarter 2: 23 July to 29 September 2019

Quarter 3: 1 October to 15 December 2019

Quarter 4: 17 December to 1 March 2020

    • 05/06 : Printemps funeste pour les Code Talkers navajos : trois d’entre eux, William Tully Brown (96 ans, décédé le 3 juin), John Pinto (également sénateur démocrate, 94 ans, décédé le 24 mai à Gallup)  et Fleming Begaye Sr ont trouvé la mort ces dernières semaines.


State Sen. John Pinto was named the first recipient of an honorary doctoral degree from Navajo Technical University on May 17, 2019, in Crownpoint.
© Farmington Daily Times file

Ces vétérans de la seconde guerre mondiale ont participé à un programme top secret de cryptage de communications. Ils utilisaient le navajo, une langue extrêmement compliquée à apprendre et comprendre. Pour en savoir plus sur les Code Talkers et comprendre les origines et les modalités d’exécution du programme militaire, lire la page du site qui leur est consacrée.

Photograph of Navajo Code Talkers Henry Bake and George Kirk; December 1943; Records of the U.S. Marine Corps, Record Group 127.

Les Code Talkers ont également été immortalisés au cinéma dans le film Windtalkers, réalisé par John Woo… un film nécessaire et bienvenu mais pas forcément très proche de la réalité vécue par les soldats navajos. L’immense travers du film fut d’attribuer le rôle du personnage principal à un non-navajo, la star de l’époque Nicolas Cage, et bien entendu d’en faire un super héros blanc qui sauve les Navajos ! Pour lire mon analyse du film parue dans l’ouvrage collectif Memory in/of English-speaking Cinema : Le Cinéma comme vecteur de la mémoire dans le cinéma Anglophone aux éditions Michel Houdiard, cliquez ici ou rendez-vous sur la page des articles téléchargeables.

L’acteur navajo Roger Willie dans le film Windtalkers (2002) © MGM

    • 26/05 : en cette fête des mères, la dualité de Première Femme et Femme Changeante, deux figures féminines majeures de la grande famille des êtres sacrés navajos, m’apparaît comme riche d’enseignements. Première Femme est la femme par qui le chaos arrive, engendré par la discorde.  Déité primale, elle appartient aux mondes inférieurs, baignés de ténèbres, un univers chnotien aux contours flous où les lois physiques qui régissent le monde scintillant, à venir, de la surface de la terre, n’ont pas encore cours. Femme autoritaire, commandante, égocentrée, elle aspire à jouer un rôle politique majeur mais son désir de toute puissance la conduit à des décisions qui aliènent son entourage et surtout créent des factions, des clivages, empêchant l’harmonie, l’ordre et la beauté de régner. Il est toujours tentant de simplifier une spiritualité et philosophie de vie aussi complexe que celles des Navajos à quelques concepts clefs mais ces trois mots -harmonie, ordre et beauté- offrent une clef de lecture intéressante pour comprendre en quoi, Femme Changeante, miroir positif de Première Femme, constitue un chemin de vie à considérer pour connaître les bienfaits de « Sa’ah naaghai bik’eh hozhoon », « la longue vie et le bonheur qui suit la longue vie. »[1][1] traduction du Père Berard Haile, cité dans Sandner, Rituels de guérison chez les Navajo. Editions du Rocher, 1996, p.251.

Ce qui caractérise principalement Première Femme est son désir absolu de contrôle : dans un monde où règne les querelles entre espèces, le vol, et la violence, on pourrait le comprendre, mais les intentions de Première Femme sont peu louables : en exerçant une mainmise sur son entourage, en espionnant ceux qu’elle considère comme ennemis ou adversaires potentiels, elle ne poursuit pas le bien commun mais seulement le sien propre. Première Femme est rongée en permanence par la jalousie et la peur : de ne pas être respectée, de pas être aimée, d’être rejetée… Sa vie n’est que noirceur, doute et rancœur. Sa soif de possession à travers ses multiples infidélités est un moyen de se rassurer sur sa propre force de prédatrice : Première Femme prend et ne donne pas.  Elle forme d’ailleurs un couple stérile avec Premier Homme comme si elle était incapable de donner la vie et devenir mère.

Femme Changeante adopte elle, dès son plus jeune âge, la posture de l’abandon. Elle ne  lutte  pas contre les éléments, comme le montre la magnifique scène où elle se donne au soleil : elle fait corps avec eux, accédant ainsi à une compréhension à la fois intuitive et pragmatique des lois de la nature.

Illustration de Juliette Iturralde pour le livre Contes navajos du grand-père Benally, 2017, Goater.

  • Quand Premier Homme trouve le magnifique bébé qu’est Femme Changeante au pied de Gobernador Knob, il est saisi de joie alors que Première Femme s’inquiète de cette mystérieuse naissance. La confiance est ce qui fait cruellement défaut à la compagne possessive de Premier Homme. Femme Changeante est dans l’acceptation : lorsque ses deux fils, les Jumeaux, quittent le domicile familial pour retrouver leur Père, qui ne les a pas reconnus et élevés, elle accepte leur choix même si elle craint de les perdre. La quête identitaire de ses enfants se double d’une bataille contre des monstres (qui symbolisent les différents maux qui affligent le peuple navajo). Là encore, Femme Changeante s’adapte, elle reconnaît ses limites et n’affronte pas le danger directement, comme lorsqu’elle rencontre le géant Yé’iitsoh, mais s’appuie sur des forces autres que les siennes, celles de Femme Araignée notamment.

    Illustration de Charles Yanito.

    Christian Larqué, fondateur de l’association Four Winds, me faisait remarquer il y a de cela quelques années, les similitudes entre la spiritualité et la conception du monde navajos et les philosophies orientales comme le taoïsme et son appel à ployer et non dominer. Femme Changeante nous invite à faire preuve d’humilité, à accepter le changement pour croître et évoluer. Capable de vieillir en quelques jours, elle peut aussi redevenir enfant. Gardons donc l’ouverture d’esprit et la curiosité de l’enfant tout en acceptant le dépérissement physique inévitable de la vieillesse. Tirons profit des expériences sans les catégoriser systématiquement en bonnes ou mauvaises. Défaisons-nous de la supériorité vaine que confèrent des savoirs intellectuels qu’on peut toujours relativiser pour accueillir ce que la vie, la Nature ont à nous donner.

    Femme Changeante a inspiré Theresa Gaskin, artiste caribéenne.

  • 18/05 : Dans la conception de Contes Navajo du grand-père Benally, j’ai souhaité rendre un hommage aux ouvrages jeunesse conçus au milieu des années 1970 en partenariat avec le Navajo Community College et le Rough Rock Demonstration School, le premier établissement éducatif de la réserve un proposer un enseignement bilangue anglais-navajo. L’idée, en collaborant avec l’illustratrice Juliette Iturralde, était de respecter l’esprit dans lequel les illustrateurs navajos des années 1970 travaillaient.

Ces ouvrages, richement illustrés, étaient rédigés par des anciens (‘elders’) de la tribu à destination des jeunes navajos grandissant dans des familles acculturées où la transmission des histoires sacrées n’était plus vraiment réalisée. Plusieurs artistes navajos, notamment Raymond Johnson, Andy Tsinajinnie (parfois orthographié Andy Tsihnahjinnie) et Hoke Denetsosie (voir la page qui lui est consacrée ici), concevaient, chacun avec leur style, des images détaillées. L’objectif était double :

  1. familiariser les enfants et adolescents (plusieurs niveaux de difficulté de lecture étaient proposés) aux grandes figures titulaires de la tribu, qu’elles soient des êtres sacrés comme Femme Changeante,  Premier Homme et Femme Araignée, ou des responsables politiques et/ou spirituels renommés ; les deux tomes de Navajo Biographies évoquaient ainsi la vie de Zarcillos Largos, Manuelito, Barboncito, Henry Chee Dodge, Annie Dodge Wauneka…

Premier Homme trouve Femme Changeante, illustration d’Andy Tsihnahjinnie parue dans Navajo History, édité par Ethelou Yazzie, Navajo Curriculum Center Rough Rock Demonstration School, 1971, page 48.

Femme Araignée offre aux Jumeaux Tueurs de Monstre des plumes magiques, illustration d’Andy Tsihnahjinnie parue dans Navajo History, édité par Ethelou Yazzie, Navajo Curriculum Center Rough Rock Demonstration School, 1971, page 55.

2. décrire des traditions méconnues des jeunes navajos et pourtant constitutives d’une certaine identité tribale : tuer le mouton, traiter et filer la laine, confectionner des tapis, raconter les histoires sacrées dans le hogan, travailler l’argent…

Illustration de Raymond Johnson dans Stories of Traditional Navajo Life and Culture, Navajo Community College Press, Tsaile, 1977, page 137.

Illustration de Raymond Johnson dans Stories of Traditional Navajo Life and Culture, Navajo Community College Press, Tsaile, 1977, page 264.

Illustration de Raymond Johnson dans Stories of Traditional Navajo Life and Culture, Navajo Community College Press, Tsaile, 1977, page 186.

  • 16/05/2019 : Dans la version publiée de ma thèse, Le système de santé navajo, un chapitre (Les Navajos et les catholiques – pages 130-142) était consacré à la présence des catholiques Franciscains dans la réserve navajo. Une page de ce site évoque aussi les brillantes recherches ethnologiques et linguistiques menées par le Père Berard Haile. En me documentant pour écrire un article plus approfondi sur les relations entre les deux communautés, je suis tombée sur plusieurs magnifiques photographies prises par un mystérieux Père Simeon Schwemberger (1867-1931) qui a abandonné la bure par amour d’une femme (la nièce du supérieur, qu’il n’épousera finalement pas) mais surtout de l’art, puisqu’il mènera ensuite une vie semi itinérante dans le sud-ouest, exerçant divers métiers, mais ne cessant jamais de prendre de somptueux clichés qu’il vendra par la suite sous la forme de cartes-postales. La plupart de ses photographies sont accessibles via la collection digitale de l’université du Nouveau-Mexique (accessible en ligne) mais aussi la librairie du Congrès. Les 1765  plaques photographiques  qui sont parvenues jusqu’à nous ont été confiées par la mission St Michael en Arizona à l’Arizona State University. C’est le Père Ron Walters, que j’avais pu interroger en 2006, qui a fourni d’autres éléments biographiques aux chercheurs et bibliothécaires nord-américains.

Woman holding baby (1906) Simeon Schwemberger. Courtesy of Center for Southwest Research, University Libraries, University of New Mexico.

Girl (1905) Simeon Schwemberger. Center for Southwest Research, University Libraries, University of New Mexico.

Portrait of a man (1908). Simeon Schwemberger. Courtesy of Center for Southwest Research, University Libraries, University of New Mexico..

  • Des femmes féministes avant la génération Me Too, les 343 salopes des années 1960 ou les suffragettes du début du XXe siècle ? Les mères et filles navajos depuis la nuit des temps. La revue de sciences sociales féministe intersectionnelle En Marges ! L’intime est politique a publié à l’occasion de la parution de son numéro 2 mon article Une histoire orale navajo féministe ? La séparation des sexes. A lire ici.

L’occasion aussi de revenir sur mon aventure intellectuelle avec les éditions militantes Goater et les choix littéraires, pédagogiques et éditoriaux réalisés pour concevoir Contes navajos du grand-père Benally et rendre hommage à la culture navajo.

Une revue détonnante mais oh combien nécessaire dans le paysage intellectuel actuel que je vous invite à découvrir vite !

  • Donnie Darko, film culte de toute une génération, ressort cet été dans les salles, distribué par Carlotta Films. Les fans du premier long-métrage de Richard Kelly auront droit aux deux versions de cet énigmatique long-métrage : celle sortie en France en janvier 2002 (la meilleure!) et la version Director’s cut (un montage rallongé de 21 minutes), jusqu’alors inédite dans l’Hexagone.

L’occasion de découvrir mon article intitulé « Donnie Darko de Richard Kelly ou la dénonciation d’une société aliénante », publié en 2016 dans l’excellent numéro 159 (Les écrans de la déraison) coordonné par Jocelyn Dupont, de la revue universitaire CinémAction. A lire ici

 

  • A l’occasion de la nuit de la lecture (samedi 19 janvier), j’ai pu faire partager ma passion des amérindiens à un auditoire captivé dans le merveilleux cadre du musée Delacroix à Paris. Le fil conducteur de mes deux lectures était l’atelier d’artiste, avec, pour ouvrir le bal, un poème de la poétesse navajo Luci Tapahonso suivi d’un extrait de Relation de voyage chez les sauvages de Paris, recueil de deux lettres de Georges Sand qui raconte à un ami sa rencontre avec les danseurs amérindiens venus se produire à Paris dans le cadre du musée vivant de Georges Catlin.

Je vous invite à quitter le confort du salon du musée Delacroix pour les terres arides de l’Arizona. Paysages ocres, ciels incandescents et femmes aux cheveux noir de jais mais parfois le peintre, dans son atelier, a d’autres envies. Il s’agit d’un poème de la poétesse navajo Luci Tapahonso que j’ai traduit dans le cadre d’un ouvrage à paraître aux éditions Goater qui ont publié mon livre Contes navajos du grand-père Benally.

 « Shifty eyes and Earth Women » de Luci Tapahonso, paru dans Seasonal Woman (1ier décembre 1982, Tooth of Time, pages 26-27).

De son hogan, visible depuis Shiprock,

On apercevait les matins d’été

Un ciel de velours bleu

Sur un sol d’or soyeux.

Tu sais, le hogan est moderne

Fait de bois, de papier bitumé, de lambris pour isolants.

Ici, réside un artiste

Qui parfois dessine beaucoup de blanches nues ;

Et les filles du coin disent qu’il s’adonne à cela

Parce que nous, femmes navajos, avons les fesses trop plates

Il travaille rapidement

En d’amples mouvements circulaires

Par petites touches.

Aucun besoin de converser là-bas

Comme accompagnement peut être Ella Fitzgerald ou BB King.

Mais surtout pas de discussion

D’un simple regard

Il impose le silence.

Au sol, une colonne de fourmis avance, paisible

Des points marrons se détachent du sol poudreux

Au même moment, il créé des images délicates

D’exquis mélanges de teintes colorées.

Les femmes navajos

Aux cheveux de jais

Aux yeux légèrement bridés

Entourées des ombres allongées de la terre

Ces femmes du ciel et du désert

Endurantes et fortes

Parfois, elles sourient avec facilité.

Des mèches de cheveux flottent au-dessus

Des couleurs des châles,

Des couleurs du coucher de soleil,

Des couleurs de Shiprock.

Ici, les reflets des femmes de Shiprock

Prennent forme dans le hogan…

Quand il n’est pas occupé à dessiner

Des femmes blanches, nues, alanguies

Avec le regard fuyant

Sous leurs larges chapeaux.

Écoutons maintenant la voix d’une femme du XIXe siècle, Georges Sand venue voir et entendre les danses de féroces indigènes d’Amérique du Nord. Ils font partie de la collection du musée vivant rassemblé par l’artiste peintre Georges Catlin. Nous sommes à Paris le 2 juin 1845, salle Valentino au 245-251 rue Saint Honoré. Delacroix assistera également à cette singulière exposition.

Trois Indiens s’assirent par terre ;

l’un frappait un tambourin garni de peaux, qui rendait un son mat et lugubre,

l’autre agitait une calebasse remplie de graines,

le troisième raclait lentement deux morceaux de bois dentelés l’un contre l’autre ;

puis, des voix gutturales qui semblaient n’avoir rien d’humain, entonnèrent un grognement sourd et cadencé,

et un guerrier, qui me sembla gigantesque sous son accoutrement terrible, s’élança, agitant tour à tour sa lance, son arc, son casse-tête, son fouet, son bouclier, son aigrette, son manteau, enfin tout l’attirail échevelé et compliqué du costume de guerre.

Les autres le suivirent ; ceux qui jetèrent leurs manteaux et montrèrent leurs poitrines haletantes et leurs bras souples comme des serpents, furent plus effrayants encore.

Une sorte de rage délirante semblait les transporter ;

des cris rauques, des aboiements, des rugissements, des sifflements aigus, et ce cri de guerre que l’Indien produit en mettant ses doigts sur ses lèvres, et qui, répété au loin dans les déserts, glace d’effroi le voyageur égaré, interrompaient le chant, se pressaient et se confondaient dans un concert infernal.

Une sueur froide me gagna, je crus que j’allais assister à une opération réelle du scalp sur quelque ennemi renversé, ou à quelque scène de torture plus horrible encore.

Je ne voyais plus, de tout ce qui était devant moi, que les redoutables acteurs, et mon cerveau les plaçait dans leur véritable cadre, sous des arbres antiques, à la lueur d’un feu qui allait consumer la chair des victimes, loin de tout secours humain ;

car ce n’étaient plus des hommes que je voyais, mais les démons du désert, plus dangereux et plus implacables que les loups et les ours, parmi lesquels j’aurais volontiers cherché un refuge.

L’insouciant public parisien, qui s’amuse avant de s’étonner, riait autour de moi, et ces rires me semblaient ceux des esprits de ténèbres.

Je ne revins à la raison que lorsque la danse cessa et que les Indiens reprirent, comme par miracle, cette expression de bonhomie et de cordialité qui en fait des hommes en apparence meilleurs que nous.

 

 

  • Août-septembre 2018 : un hôpital psychiatrique californien mythique peuplé de fantômes de stars, c’est le Camarillo Hospital et c’est aussi une « micro-histoire qui réfracte, autour d’un lieu et d’une institution, l’histoire plus globale de l’antipsychiatrie et des politiques de la santé subséquentes à partir des années 1970, celle des controverses autour du caractère biologique ou social de la folie, celle des témoignages autour de l’internement, celle des conflits rémanents entre conceptions et pratiques thérapeutiques, celle des représentations « profanes» de la maladie mentale. » (dixit Jacqueline Carroy à propos de mon ouvrage)

Je mets progressivement en ligne tous les documents visuels que j’ai amassés pour écrire mon livre sur le Camarillo Hospital.

A découvrir ici

  • 24 juin 2018. Temps de lecture livre une analyse pertinente et bien sympathique de Contes navajo du grand-père Benally !

« On se rend compte en autre à quel point la place de la femme est nettement plus valorisée dans leur société que dans la notre. On découvre également la force du lien du peuple avec la nature, notamment à travers l’image du couple Araignée, qui symbolise l’art du métier à tisser, instrument à la base de la fabrication des tapis Navajo, couplé avec la récolte de la laine et des pigments naturels (…) Ce livre qui conjugue à la fois une dimension narrative et didactique est une jolie découverte: j’aurais peut-être aimé, certes, en connaître un peu plus (une fois que l’on a commencé, il devient difficile de s’arrêter là), mais il est intelligemment construit, assez simplement et bien écrit pour attirer l’attention d’adolescents ainsi que d’adultes et au final aussi divertissant qu’instructif. »

Le rocher de Femme Araignée dans le Canyon de Chelly illustré par Juliette Iturralde.

  • Dans le blog, des liens vers le programme du pow-wow Danse avec la loue, organisé depuis 1998 à Ornans (Doubs) par l’association Four Winds. J’avais eu l’occasion d’y assister en 2010, l’année où l’événement avait été inscrit sur la liste des événements de l’Année Internationale du rapprochement des cultures, portée par l’UNESCO. Pour découvrir l’événement en photos (celles prises en 2010), c’est par ici.

 

  • I’m thrilled to be working on my new book: Ruta de la Plata, coming soon in your favorite book shop. A book about travel, history and original recipes!

Couvent dit de Las Dueñas avec vue sur les cathédrales vieilles et nouvelles de Salamanque. © Nausica Zaballos-Dey, 2016.

Vierge María Santísima de la O, église Nuestra Señora de La O, Séville, 2013

Soldats de Pavie, © Nausica Zaballos-Dey, 2017

Perrunillas, © Nausica Zaballos-Dey, 2017

  • Metehera, créatrice de la librairie et du blog Books and Dreams, « recommande à 100% » Contes navajo du grand-père Benally : « ce recueil de contes, instructif et surprenant, ne fait que 116 pages mais il réussit à merveille à nous plonger dans l’univers des Navajos, nous permet de mieux comprendre la richesse de cette culture et les différentes menaces qui peuvent peser sur les Amérindiens depuis le XIXe siècle. »

 

  • Fabrice Lecaër, créateur du blog tepee17 qui regorge d’infos et d’actus sur les tribus amérindiennes, a  aimé Contes navajo du grand-père Benally : « Dan et Emma m’ont transporté avec eux dans leur voyage sur la terre de leurs ancêtres, un voyage entre le contemporain et l’ancien chez les Navajos. »

 

  • Quelle histoire pour mon enfant a aimé Contes navajo du grand-père Benally : « Les illustrations en noir et blanc de Juliette Iturralde sont simples mais efficaces, subjectives. Une belle et surprenante découverte ! »
  • Histoire d’en lire, site spécialisé dans la critique de fictions historiques jeunesse, a aimé Contes navajo du grand-père Benally : « En à peine 116 pages, ce livre, magnifiquement illustré par Juliette Iturralde, nous plonge à merveille dans l’univers des Navajos, nous permet de mieux comprendre la richesse de cette culture et la menace terrifiante qui pèse sur ces Indiens depuis le XXe siècle.Instructif et émouvant. » La critique complète peut être lue ici  et aussi sur Babelio

 

  • ça y est : Les contes navajo du Grand-Père Benally sont en librairie, à Nice à la librairie Jean-Jaurès, à Marseille à L’odeur du temps, à Grenoble chez Arthaud, à Strasbourg à la librairie Kléber, à Lyon à Terre des Livres et Vivement Dimanche, à Paris à Libralire et Quilombo… et une petite illustration de Juliette Iturralde pour un avant-goût (le combat des Jumeaux contre le géant)

  • Les cartons sont arrivés chez l’éditeur, direct de chez l’imprimeur… et le 26 octobre dans les librairies.

  • Le 21 août dernier, la grande éclipse solaire aux États-Unis a suscité de nombreux commentaires dans les médias. Écoutons ce que les Peuples Premiers ont à nous dire dessus : rubrique  Blog: latest news from Indian country!
  • Les bibliothèques sont un maillon essentiel de la chaîne du livre, elles aident le livre à se faire connaître, à trouver de nouveaux lecteurs. Mythes et Gastronomie de l’Ouest Américain est présent partout en France. Petit exemple aux quatre coins de notre pays : au sein du réseau des bibliothèques du Finistère(à Morlaix, Quimper, Brest…), dans le Nord, en Bourgogne (réseau de bibliothèques de Dijon), à Paris (bibliothèques du 5e, 9e, 11e, 16e et 18e arrondissements)… Alors n’hésitez pas à le retirer en rayon ou à le demander à votre bibliothécaire !
  • Bientôt… Contes navajo du grand-père Benally, avec les belles illustrations de Juliette Iturralde.

 

  • Mon prochain livre, hommage à la culture navajo, sera publié à l’automne aux éditions Goater. Libraires, vous pouvez d’ores et déjà, passer vos commandes auprès du diffuseur (Makassar) Hobo Diffusion et feuilletez leur catalogue pour les sorties rentrées-automne.
  • Lecteurs, vous pouvez découvrir les autres titres de cet excellent éditeur qui a notamment sorti un inédit de Norman Spinrad, immense auteur de SF, dont les précédents ouvrages ont été édités aux Presses de la Cité, chez Pocket, Livre de Poche…

  • 15 November 2016 : New (in English)! Each semester, I’ll bring you the latest news from Indian country. The first post is about Arigon Starr and geek culture among Native Americans: the first Indigenous Comic Con will take place next week-end in Albuquerque.

Les libraires qui souhaiteraient commander le livre peuvent contacter le distributeur DAUDIN à cette adresse : http://www.daudin-distribution.fr/A-132720-mythes-et-gastronomie-de-l-ouest-americain-sur-la-route.aspx

Également disponible sur amazon, fnac, mollat et decitre

Pour la revue de presse qui est consacrée à Mythes et Gastronomie de l’ouest américain (Toute la Culture, Les soirées de Paris, Made in USA, Les lectures de l’oncle Paul, BSC News, Guide du centre d’animation Maurice Ravel -12e arrondissement, Guide géo Californie 2016, Chez Mark et Marcel …) : un petit clic ici !

J’étais l’invitée de France Inter dans l’émission On va déguster : pour le podcast, c’est !

Découvrez aussi en parcourant le menu Mythes et Gastronomie de l’Ouest américain, deux recettes inédites, les chansons qui ont accompagné l’écriture et une timeline très utile !

Pour la revue de presse (L’heure du crime sur RTL, Nova Book Box sur Radio Nova, K-Libre, Les lectures de l‘Oncle Paul, Toute la culture, L’écho républicain…), c’est de ce côté-ci !

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  • Quant au livre Le système de santé navajo, la version bouquin de ma thèse sur les Navajos, il est présent dans plus d’une trentaine de bibliothèques de par le monde et bien sûr disponible à l’achat en points de vente habituels. Vous voulez en savoir plus sur les Navajo, consultez les différentes rubriques qui leur sont consacrées (Santé Navajo dans le menu) !

A votre tour, laissez-vous séduire et prenez la route des grands espaces sur les traces des pionniers, explorateurs en tout genre, artistes, sages et guerriers amérindiens !

  • Vous voulez poursuivre le voyage en photo et faire plaisir à vos proches : offrez un tirage d’art, c’est par là ! (États-Unis mais aussi Chine, Europe…)
Salon of Beauty, Las Vegas

Salon of Beauty, Las Vegas

  • Enfin, si ce n’était pas suffisant, une sélection de mes articles universitaires publiés dans des ouvrages collectifs, actes de colloque etc… au fond du labo, à gauche !

Bonne route !

Mythes et Gastronomie de l'Ouest Américain : Sur la Route !

Mythes et Gastronomie de l’Ouest Américain : Sur la Route !

et mes critiques ciné et livres-ciné @ cinescribe.fr

Pour toute demande de conférence, intervention publique ou signature, merci d’adresser un mail à : presse@laroutedenausica.fr au moins 3 mois avant la date prévue de votre événement.

 

 

 

 

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